Le racisme peut-il se justifier de façon rationnelle?

Parlons un peu de racisme. Aujourd’hui, presque tout le monde s’accorde à dire que le racisme c’est pas bien. Mais peut-on seulement expliquer pourquoi ?

Dans ce post, nous allons présenter ce qu’est le racisme et voir s’il peut être justifié de façon rationnelle.

Commençons par définir ce qu’est le racisme.

On peut trouver une multitude de définitions sur internet, cependant la plupart d’entre elles ne me paraissent pas tout à fait exactes.

Une première chose que l’on peut dire concernant le racisme, c’est que c’est une discrimination.

Qu’est-ce qu’une discrimination ?

Étymologiquement, discriminer provient du latin « discriminatio » signifiant « séparation ». Discriminer est le fait d’établir une différenciation entre des objets ou des individus. Le terme « discrimination » a progressivement acquis une connotation négative.

Aujourd’hui, « discriminer » désigne l’action par laquelle sont considéré.e.s inférieur.e.s voire inexistant.e.s les droits, les libertés, les possibilités ou les intérêts propres accordé.e.s à un ou des individus selon un ou plusieurs critères. De ce fait, une discrimination engendre un traitement différentiel et une souffrance chez les individus discriminés.

De plus, pour qu’il y ait une discrimination, il faut nécessairement des individus discriminants et des individus discriminés. Aussi, une discrimination implique nécessairement une souffrance vécue du côté des individus discriminés.

Le radical du mot racisme étant “race”, on peut penser que le racisme, appliqué aux êtres humains, possède un lien avec la notion de race humaine et peut se définir comme étant une discrimination portée sur le critère de la race.

Cette définition est complètement incorrecte. En effet, il n’existe pas de race dans l’espèce Homo Sapiens.

Que désigne le terme « race » ?

Pour répondre à cette question, il est nécessaire de s’intéresser au préalable à la notion d’espèce.

L’espèce est une notion théorique ainsi qu’un concept flou dont il existe une multitude de définitions dans la littérature scientifique. La définition la plus communément admise aujourd’hui est celle du « concept biologique de l’espèce » énoncée par Ernst Mayr:

Une espèce est une population ou un groupe de populations, génétiquement isolées d’autres groupes similaires, dont les individus peuvent effectivement ou potentiellement se reproduire entre eux et engendrer une descendance viable et féconde (Mayr, 1999).

Ainsi, l’espèce est la plus grande unité de population au sein de laquelle le flux génétique est possible.

Dans la classification des êtres vivants, l’espèce est la dernière subdivision unanimement admise. Au-delà, on utilise les termes de « sous-espèce » ou « population » pour les espèces animales sauvages et de « race » pour les espèces animales domestiques.

Pour cette raison, les seules races animales existantes sont issues de l’exploitation animale faite par l’espèce humaine impliquant nécessairement un contrôle total du génome des individus constituant la race.

Ainsi, il existe des races canines, porcines, bovines, félines, chevalines, caprines, de poules, d’abeilles, etc.

À l’inverse, on peut parler de « sous-espèces » d’ours, de lézard, de requin, etc., mais aucunement de « race » d’ours, de lézard, de requin, etc.

Photo d’un individu de l’espèce canine de la race caniche

 

Pour revenir sur la définition du terme race :

Une race est une subdivision d’une espèce animale domestiquée par l’espèce humaine désignant un ensemble d’individus ayant des caractères génotypiques et phénotypiques communs les distinguant des autres individus de l’espèce.

Les croisements inter-raciaux sont fertiles, alors que les croisements inter-espèces sont le plus souvent stériles (Aquaportail, 2009).

L’espèce humaine, ou plus scientifiquement l’espèce Homo Sapiens, a développé des moyens de transport à l’échelle mondiale permettant un brassage génétique permanent de notre espèce empêchant ainsi l’apparition de sous-espèce humaine. De plus, l’espèce humaine n’étant actuellement pas une espèce animale domestique d’aucune espèce (humaine ou autre) et le génome humain n’étant contrôlé par aucune espèce (humaine ou autre), il n’existe pas de race humaine.

Pour rappel, « discriminer » désigne l’action par laquelle sont considéré.e.s inférieur.e.s voire inexistant.e.s les droits, les libertés, les possibilités ou les intérêts propres accordé.e.s à un ou des individus selon un ou plusieurs critères. De ce fait, une discrimination engendre un traitement différentiel et une souffrance chez les individus discriminés.

Pour revenir sur la définition du racisme, de mon point de vue, une définition rationnelle serait :

Le racisme est une discrimination portée sur les critères de la couleur de peau, de la culture, des noms et prénoms, des origines, de la nationalité et de l’orientation religieuse.

Cette liste n’est pas exhaustive, mais doit couvrir une très grande majorité des causes de racisme.

Maintenant que l’on a vu ce qu’est le racisme, il me paraît capital de voir si celui-ci peut se justifier de façon rationnelle ?

Une autre façon de poser la question serait :

Les droits, les libertés, les possibilités ou les intérêts propres accordé.e.s à un individu peuvent-ils, d’un point de vue rationnel, être considéré.e.s inférieurs ou supérieurs selon les seuls critères de la couleur de peau, de la culture, des noms et prénoms, des origines, de la nationalité ou de l’orientation religieuse ?

Eh bien la réponse est non.

Il est impossible de démontrer rationnellement que ces critères puissent justifier une quelconque forme de discrimination. Le racisme est une idéologie irrationnelle portée par des conditionnements irrationnels provenant généralement de notre éducation ou de généralisation de nos expériences personnelles.

Par exemple: Les personnes de couleur de peau noire ne devraient pas avoir le droit d’accéder aux lieux publics. Cette proposition ne s’appuie sur aucune logique, aucune étude scientifique et ne peut se justifier de façon rationnelle.

Le racisme étant une discrimination non rationnelle, une définition plus complète serait:

Le racisme est une discrimination arbitraire portée sur les critères de la couleur de peau, de la culture, des noms et prénoms, des origines, de la nationalité et de l’orientation religieuse.

Le terme « arbitraire » qualifiant ce qui est laissé à la seule volonté, au libre choix d’un individu et qui ne s’appuie pas sur la raison.

Exemple : un choix arbitraire.

Pour résumer, le racisme est une discrimination arbitraire portée par des croyances non fondées irrationnelles. Là encore, on peut se demander en quoi est-ce un problème ?

Comme nous l’avons vu dans le post/la vidéo présentant le concept du logisme, tous les êtres ayant la capacité de faire l’expérience du bien-être le cherchent de façon naturelle comme ultime objectif. Les êtres humains ont la capacité de faire l’expérience du bonheur et le cherchent consciemment ou inconsciemment de façon permanente.

Et le racisme, de par la discrimination qu’il représente, va directement à l’encontre du bien-être et des besoins fondamentaux des individus en étant victime provoquant nécessairement un mal-être et une souffrance.

Il est là le vrai problème du racisme. Cette idéologie, irrationnelle et non fondée, et les comportements qui l’accompagnent nuisent fortement au bien-être d’individus cherchant à en faire l’expérience.

En somme, si l’on considère important le bien-être de tout individu capable d’en faire l’expérience, il est complètement irrationnel d’entretenir une quelconque forme de racisme.

Pour en revenir à la notion de race dans l’espèce humaine. Même s’il existait des races ou des sous-espèces au sein de notre espèce, impliquant des différences majeures entre ces différentes populations telles que la force physique ou encore l’intelligence, ces différences, bien existantes, ne pourraient aucunement justifier rationnellement une discrimination. En effet, certaines populations pourraient être globalement plus fortes ou même plus intelligentes que d’autres. Et alors ?

La seule interprétation rationnelle que l’on pourrait faire de cette situation serait qu’il existe des différences entre ces populations, mais qu’il n’est aucunement question de commencer à discriminer quant à ces critères. Typiquement, il n’est aucunement rationnel d’agir en considérant inférieur.e.s les droits, les libertés ou les intérêts propres des enfants non surdoués devant des enfants surdoués.

Au cours de l’histoire, le racisme a pris bien des formes :

On a vu au 19ème siècle l’esclavage, suivi de l’apartheid des individus répondant au seul critère d’être de couleur de peau noire avec une restriction très avancée de besoins fondamentaux tels que l’accès à la nourriture, aux soins, au repos et à la liberté.

Au 20ème siècle la Shoah ou « génocide juif » ayant consisté en l’extermination de millions d’individus répondant au seul critère d’être d’origine juive.

Encore aujourd’hui au 21ème siècle plusieurs centaines de millions d’individus sont victimes de racisme simplement à cause de croyances irrationnelles portées par nos sociétés.

En effet, le seul point commun avec toutes ces formes de discrimination est les conditionnements irrationnels des individus discriminants. Ces discriminations et toute la souffrance qu’elles engendrent n’auraient jamais eu lieu sans croyances irrationnelles.

Encore une fois, je le répète, il est complètement irrationnel de faire une discrimination sur des critères arbitraires tels que :

  • La couleur de peau d’un individu est noire
  • L’orientation religieuse d’un individu est juive
  • La culture d’un individu est africaine
  • Ou encore, le prénom d’un individu est Chang, David ou Mohamed

Le racisme n’existant qu’au travers de nos conditionnements et engendrant une très grande quantité de souffrance, pourquoi ne pas prendre conscience de nos conditionnements liés au racisme, les remettre en question et tout simplement les faire disparaître?

Couleur de peau, culture, nom, origines, nationalité, orientation religieuse, le seul critère qui importe ne serait-il pas la faculté de pouvoir faire l’expérience du bien-être ?

Photo de Martin Luther King

 

Pour finir, je vous invite à visionner un des plus beaux discours de Martin Luther King, profond défendeur des droits des humains. Il s’agit selon moi d’un moment historique déterminant dans l’évolution de l’ensemble des croyances de notre espèce.

Libère-toi de tes conditionnements et change le monde

 

Références :

Aquaportail (2009, 11 avril mise à jour le 2015, 16 décembre), race. Dans aquaportail. Récupéré du site https://www.aquaportail.com/definition-4640-race.html

Mayr E. (1999), Systematics and the origin of species, from the viewpoint of a zoologist. Cambridge, MA : Harvard University Press. p. xxi

1 thought on “Le racisme peut-il se justifier de façon rationnelle?

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *